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t le pays on l'appelle la maison Rambert, parce que notre famille l'a toujours habitée. Et même on l'a réparée avec soin, avec trop de soin, de la cave au grenier, rajustée et rafistolée, recrépie et revernie à l'intérieur et à l'extérieur. Sans doute on ne peut pas les laisser éternellement s'effriter, et la vétusté des habitations ne se revêt de poésie que pour les visiteurs de passage. Le train ordinaire des jours a ses exigences. Mais on ne tient guère à la jeunesse de sa maison, pas plus, en somme, qu'on ne tient à celle de ses parents. Jeunes, ils sont moins à nous, ils sont encore à eux-mêmes, ils ont droit à une existence particulière, tandis que, plus tard, notre vie est leur vie, et c'est tout ce que nous demandons, car nous ne sommes pas difficiles.
Avant qu'on ne l'eût restaurée, je l'ai montrée à une dame, à une dame de Paris comme celle du face-à-main. Il est probable, il est vraisemblable, il est certain que je la lui avais excessivement vantée. Ni les accents circonflexes du fermier, ni l'éclat et la douceur mourante de la nourrice italienne n'avaient dû manquer à ma description. Elle pouvait s'attendre à Versailles ou tout au moins à Chantilly. Or, quand je la conduisis, dûment stylée, exaltée et mise au point, devant l'immeuble incomparable, elle osa me demander sur un ton de surprise «Est-ce bien ça?» Je compris son désappointement. Je l'ai raccompagnée avec politesse jusqu'à sa voiture, --même dans la colère on a des égards pour les femmes, --mais je ne l'ai pas revue depuis lors, je n'ai jamais supporté de la revoir. On n'est pas d'accord avec les étrangers sur les lieux ni sur les choses de son enfance. Il y a des différences de dimensions. Le