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Longtemps, longtemps, se taise pour

La ferme et la fermière!

ALFRED DE MUSSET

AU LECTEUR

Ce livre est toute ma jeunesse;
Je l'ai fait sans presque y songer.
Il y paraît, je le confesse,
Et j'aurais pu le corriger.

Mais quand l'homme change sans cesse,
Au passé pourquoi rien changer?
Va-t'en, pauvre oiseau passager;
Que Dieu te mène à ton adresse!

Qui que tu sois, qui me liras,
Lis-en le plus que tu pourras,
Et ne me condamne qu'en somme.

Mes premiers vers sont d'un enfant,
Les seconds d'un adolescent,
Les derniers à peine d'un homme.

STANCES

Que j'aime à voir, dans la vallée

Désolée,
Se lever comme un mausolée
Les quatre ailes d'un noir moutier!
Que j'aime à voir, prés de l'austère

Monastère,
Au seuil du baron feudataire,
La croix blanche et le bénitier!

Vous, des antiques Pyrénées

Les aînées,
Vieilles églises décharnées,
Maigres et tristes monuments,
Vous que le temps n'a pu dissoudre,

Ni la foudre,
De quelques grands monts mis en poudre
N'êtes-vous pas les ossements?

J'aime vos tours à tête grise,

Où se brise
L'éclair qui passe avec la brise.
J'aime vos profonds escaliers
Qui, tournoyant dans les entrailles

Des murailles,
A l'hymne éclatant des ouailles
Font répondre tous les piliers!

Oh! lorsque l'ouragan qui gagne

La campagne,
Prend par les cheveux la montagne,
Que le temps d'automne jaunit,
Que j'aime, dans le bois qui crie

Et se plie,
Les vieux clochers de l'abbaye,
Comme deux arbres de granit!

Que j'aime à voir dans les vesprées

Empourprées,
Jaillir

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French Lyrics , page 116
by Arthur Graves Canfield

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