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merveilleuse du Directoire !
C'était dans l'atelier de mon jeune ami Georges, à deux pas de l'église Saint-Vincent-de-Paul dont les deux tours apparaissaient par la grande baie vitrée, détachant leurs silhouettes grises sur un beau ciel bleu, un ciel de mai, léger, chargé de vie. Les yeux profonds de la petite Cora le regardaient, ce ciel de printemps, et regardaient aussi ces tours grises, nettement découpées, et cette horloge qui sonnait l'heure de l'église, et sous le chapeau rose du Directoire elle hochait toujours sa tête de petite Africaine, tandis que le peintre jetait dans un gai tableau représentant, sous une tonnelle fleurie, des muscadins et des merveilleuses attablés devant des sorbets, avec des chaises vertes, des étoffes rayées, un fouillis de couleurs claires, de cheveux blonds, de bas chinés, d'écharpes, d'éventails, de sourires, et, au fond, Paris, le grand Paris révolutionnaire vaguement entrevu à travers la brume et grondant sourdement aux pieds, aux petits pieds des muscadines riant là, du haut de la butte Montmartre ou de la colline de Belleville...
Le petit modèle était loin, très loin du tableau où elle figurait. Son regard, dont la mélancolie semblait toute pleine d'un infini désert, devenait fixe en s'arrêtant sur les tours de l'église.
- Soeur de charité !
Ses lèvres, d'un rouge anémié, ses grosses lèvres dont l'ourlet un peu renflé formait un dessin classiquement pur, ses lèvres les répétaient tout bas, ces mots qu'elle avait prononcés tout à l'heure très haut avec l'expression d'un regret : soeur de charité !
- Et comment va la santé ? demanda le peintre, tout en continuant son tableau, assis sur son tabouret, à la petite Cora debout à quelque