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t moi qui fais Vertumne et qui danse le pas avec Madame, je ne puis m’en aller sans un ordre du roi, attendu que mon départ désorganiserait le ballet.

-- Et moi, dit le chevalier, je fais un simple égypan; il est vrai que je suis mauvais danseur, et que j’ai la jambe mal faite. Messieurs, au revoir. N’oubliez pas la corbeille de fruits que vous devez offrir à Pomone, comte.

-- Oh! je n’oublierai rien, soyez tranquille, dit de Guiche transporté.

-- Je suis bien sûr qu’il ne partira plus maintenant, murmura en sortant le chevalier de Lorraine.

Raoul, une fois le chevalier parti, n’essaya pas même de dissuader son ami; il sentait que c’est été peine perdue.

-- Comte, lui dit-il seulement de sa voix triste et mélodieuse, comte, vous vous embarquez dans une passion terrible. Je vous connais; vous êtes extrême en tout; celle que vous aimez l’est aussi... Eh bien! j’admets pour un instant qu’elle vienne à vous aimer...

-- Oh! jamais, s’écria de Guiche.

-- Pourquoi dites-vous jamais?

-- Parce que ce serait un grand malheur pour tous deux.

-- Alors, cher ami, au lieu de vous regarder comme un imprudent, permettez-moi de vous regarder comme un fou.

-- Pourquoi?

-- Êtes-vous bien assuré, voyons, répondez franchement, de ne rien désirer de celle que vous aimez?

-- Oh! oui, bien sûr.

-- Alors, aimez-la de loin.

-- Comment, de loin?

-- Sans doute; que vous importe la présence ou l’absence, puisque vous ne désirez rien d’elle? Aimez un portrait, aimez un souvenir.

-- Raoul!

-- Aimez une ombre, une illusion, une chimère; aimez l’amour, en mettant un nom sur votre réalité. Ah! vous détournez la tête? Vos valets arrivent, je ne dis plus rien. Dans la bonne ou

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Le vicomte de Bragelonne, Tome II., page 341
by Alexandre Dumas

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