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jours abondante, et se former au rude métier de matelot.
Qu'importe, après cela, que la moitié de l'année, ces rivages soient ensevelis sous la neige ou enveloppés dans d'épais brouillards; qu'importe qu'ils soient battus par les puissantes vagues de ce terrible Océan du Nord qui viennent, en mugissant, les inonder de leurs eaux verdâtres chargées d'algues et de débris de toute espèce, et semblent vouloir, dans leurs terribles convulsions, les effacer de la carte du monde.
La vie est assurée là non seulement pour ceux qui y habitent, mais encore pour des milliers et des milliers de créatures vivant par delà l'Atlantique. La mer, cette rude nourricière, ouvre là ses flancs profonds à tous ceux qui ne craignent pas le balancement de ses ondes toujours mobiles.
Il n'y a point là de ces misères affreuses, ni de ces existences consumées par la faim, comme il s'en trouve dans les grands centres populeux, au milieu de toutes les ressources de la civilisation.
Les vigoureux pêcheurs, bistrés par le vent de la mer, n'y ont jamais la famine à craindre. Une manne incessamment renouvelée monte vers eux des profondeurs de l'abîme. On dirait que Dieu a voulu faire éclater sa puissance et montrer à l'homme la vanité des richesses de convention, en faisant pulluler la vie et les trésors naturels dans ces parages qui, au premier aspect, ne semblent pouvoir abriter que la misère et la mort....
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Malgré les considérations contenues dans ce qui précède, le choix de mon sujet a pu vous surprendre. C'est à vous, que, naguère, le savant professeur Bell faisait part de ses explorations personnelles, sur un champ aussi grandiose que la baie d'Hudson et ses environs. N'était-ce pas abuser de votre complaisance de venir vous parler