< previous  next > 

3

rcle entourait ses yeux d'azur; tout trahissait dans cette créature charmante l'alanguissement des forces vitales.

--C'est trop ennuyeux de rester toujours à la même place, dit le garçon en se levant brusquement; je vais défaire la chaîne, et nous irons là-bas voir le nid de sarcelles.

--J'ai peur, dit la jeune fille, en essayant de retenir dans ses deux petites mains blanches la main vigoureuse et hâlée de son compagnon.

--Puisque c'est moi qui ramerai, reprit-il avec une gravité comique. Et s'arrachant sans peine à la faible étreinte qui lui faisait obstacle, il détachait la barque, saisissait l'aviron, et voguait vers le milieu de l'étang sans écouter les plaintes de sa compagne, qui, le suppliant du regard, s'écriait d'une voix craintive:--Guermann! Guermann!

Au bout de quelques instants d'un silence causé par un mélange d'effroi et de plaisir:--O mon Dieu, reprit la jeune fille, si l'on nous voyait! Regarde donc, je crois que la fenêtre de ma tante est ouverte.

Guermann leva les yeux; le soleil donnait en plein sur les croisées du château et les faisait étinceler comme des diamants; il n'y avait personne au balcon de la vicomtesse d'Hespel.

--Elle ne nous reconnaîtrait pas de si loin, dit-il; d'ailleurs elle n'est pas là; puis le grand mal si elle nous reconnaissait!

--Tu n'as donc pas peur d'être grondé, toi, reprit la jeune fille qui se rassurait peu à peu; qu'est-ce que dit donc ta mère quand tu fais ce qu'elle défend?

--Oh! d'abord, ma mère n'a pas le temps de me défendre grand'chose; et puis, Nélida, quand je fais quelque chose de mal, elle ne gronde pas, elle pleure.

--Et alors?

--Et alors, je l'embrasse.

--Et alors?

--Et alors elle prend un air moitié fâché, moitié content, et el

 < previous  next > 

Nelida, page 2
by Daniel Stern

<< Return to Title Details