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t pas plus que les yeux. On avait certainement vu, on avait certainement entendu. Dans la nuit du 12 au 13 mai - nuit très sombre - les observateurs de Yale-College, à l'Ecole scientifique de Sheffield, avaient pu transcrire quelques mesures d'une phrase musicale, en ré majeur, à quatre temps, qui donnait note pour note, rythme pour rythme, le refrain du Chant du Départ.
« Bon ! répondirent les loustics, c'est un orchestre français qui joue au milieu des couches aériennes! »
Mais plaisanter n'est pas répondre. C'est ce que fit remarquer l'observatoire de Boston, fondé par l'Atlantic Iron Works Society, dont les opinions sur les questions d'astronomie et de météorologie commençaient à faire loi dans le monde savant.
Intervint alors l'observatoire de Cincinnati, créé en 1870 sur le mont Lookout, grâce à la générosité de M. Kilgoor, et si connu pour ses mesures micrométriques des étoiles doubles. Son directeur déclara, avec la plus entière bonne foi, qu'il y avait certainement quelque chose, qu'un mobile quelconque se montrait, dans des temps assez rapprochés, en divers points de l'atmosphère, mais que sur la nature de ce mobile, ses dimensions, sa vitesse, sa trajectoire, il était impossible de se prononcer.
Ce fut alors qu'un journal dont la publicité est immense, le New York Herald, reçut d'un abonné la communication anonyme qui suit :
« On n'a pas oublié la rivalité qui mit aux prises, il y a quelques années, les deux héritiers de la Begum de Ragginahra, ce docteur français Sarrasin dans sa cité de Franceville, l'ingénieur allemand Herr Schultze, dans sa cité de Stahlstadt, cités situées toutes deux en la partie sud de l'Oregon, aux Etats-Unis.
« On ne peut avoir oub