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et du violon, comme des feuilles noires que le vent fait tourbillonner.

Ainsi que des automates mis en mouvement par des fils, ces minces squelettes dessinés en silhouettes, allaient glissant, se formant en lent quadrille.

Ils se prenaient par la main et dansaient une ronde grandiose, et parfois éclatait l'écho grêle et aigu des rires.

Parfois une poupée à mouvement d'horlogerie pressait contre sa poitrine un amant-fantôme; on eut dit parfois qu'ils se disposaient à fredonner et à chanter.

Parfois une horrible marionnette se détachait et fumait une cigarette sur les degrés du perron: on eut dit une chose qui vivait.

Alors me tournant vers mon aimée, je lui dis: «Ce sont des morts qui dansent avec des morts; c'est de la poussière qui tourbillonne avec de la poussière.»

Mais elle, elle répondit à l'appel du violon; elle me quitta, elle entra. L'Amour pénétra dans la demeure du Plaisir.

Et soudain les sons prirent un timbre faux. Les danseurs furent las de valser; les ombres cessèrent de tournoyer, de virer.

Et par la rue longue et silencieuse, l'aurore, aux pieds chaussés de sandales d'argent, parut furtive comme une jeune fille apeurée.

RAVENNE

Poème récité au théâtre Sheldon, à Oxford, le 26 juin 1878.

À MON AMI

GEORGES FLEMING

Auteur du Roman du Nil_ et de _Mirage.

I

Ravenne, Mars 1877.

Oxford, Mars 1878.

Il y a un an, je respirais l'air de l'Italie,--et pourtant, il est beau, ce me semble, ce printemps du Nord, avec ces campagnes que dore la fleur de mars, le sansonnet qui chante sur le bouleau velouté, les freux qui croassent, les ramiers des bois qui voltigent de ci de là, les petits nuages qui courent par le ciel. El

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La maison de la courtisane, page 1
by Oscar Wilde

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